We’ve updated our privacy policy #01 (Nous avons mis à jour notre politique de confidentialité) tisse, au fil des oeuvres et des regards des spectateurs, des liens denses entre les « fragments » de l’auteur. Sa recherche commence à l’intrusion d’un hacker dans sa boîte mail : « Salut pervers ! ». En possession d’une vidéo montrant l’artiste en train de se masturber, le hacker le menace de la diffuser auprès de ses proches, s’il ne lui transfère pas la somme de 2000 euros. Cet espace se déploie à partir d’une transgression : à l’entrée, au sol, est inscrit « Do not come in. This space is mine » (Ne pas rentrer. Cet espace est mien). Captures d’écran, débris de conversation, images mouvantes et polyptiques, légers ou acides, tous sont empreints de secrets, de ce qui ne peut pas se dire.
We’ve updated our privacy policy #01, Galeria FOCO, 2019
La plupart des fragments sont issus de différents téléphones de l’artiste, de différents moments de sa vie. Son travail de recherche l’a amené à trier plus de 35 000 photos et captures d’écran. Certains messages l’avaient troublé. Il en avait montré d’autres à ses proches. C’est ainsi qu’ils se sont déposés dans la mémoire externe du cloud, ce gigantesque amas de fragments à forme humaine. L’auteur s’y est plongé avec obstination pour en tirer soigneusement ces quelques chuchotements ; de l’hologramme de ses relations, il a fait des objets tangibles, physiques, pour les offrir à la vue des autres, témoins de ce corps criblé de pixels, qui ne parvient pas à s’incarner. A l’instant où le spectateur regarde l’oeuvre, cet instant se mêle à celui où l’artiste l’a créée, à celui de son souvenir; ces temporalités s’enchevêtrent et cette complexité nous ramène encore et toujours à ce qui nous manque. L’espace que l’auteur déploie est un espace implicite, sensible, qu’on peut deviner par les filaments qui se tendent entre ses oeuvres, mais dont le spectateur n’a pas les clés. Il est trop proche, il est trop loin, il est gêné peut-être, il peine à lire un titre, il demande la traduction d’un texte à son ami ; à tout moment, il lui manque de quoi lever la brume des fragments, en faire une oeuvre transparente à ses yeux. Mais ce manque est vite comblé par ses propres questions, ses projections, sa sensibilité qui s’invite à danser dans les images.
I’m dead serious, Impression pigmentaire Bright White Hahnemühle 310 g, 11 x 16,5 cm
To kill two birds with one stone, Impression pigmentaire Bright White Hahnemühle 310 g, 11 x 16,5 cm
Heal yourself - Heal people, Impression pigmentaire Bright White Hahnemühle 310 g, 11 x 16,5 cm
We’ve updated our privacy policy #01, Galeria FOCO, 2019
No hard feelings, Impression pigmentaire Bright White Hahnemühle 310 g, 11 x 16,5 cm
Tap To Tag II, Impression pigmentaire Bright White Hahnemühle 310 g, 11 x 16,5 cm
Sharpen, Impression pigmentaire Bright White Hahnemühle 310 g, 11 x 16,5 cm
Get some Headspace, Impression pigmentaire Bright White Hahnemühle 310 g, 11 x 16,5 cm
Alarm, Impression pigmentaire Bright White Hahnemühle 310 g, 11 x 16,5 cm
bonne continuation, Impression pigmentaire Bright White Hahnemühle 310 g, 11 x 16,5 cm
= prépare toi au grand gang bang, Impression pigmentaire Bright White Hahnemühle 310 g, 11 x 16,5 cm
DCD, Impression pigmentaire Bright White Hahnemühle 310 g, 11 x 16,5 cm
Pense à ta mort, Impression pigmentaire Bright White Hahnemühle 310 g, 11 x 16,5 cm
Argos Panoptès est une installation dans l’exposition We’ve updated our privacy policy #01. Plus de 200 impressions lenticulaires d’yeux, échelle 1, sont disposées de manière concentrique, dans une salle carrelée. L’impression lenticulaire permet de combiner plusieurs images qui apparaissent et disparaissent selon le point de vue. La myriade d’yeux donne ainsi la sensation au spectateur, d’être suivi du regard, au fur et à mesure de son déplacement. Dans la mythologie grecque, Argos est un géant qui a reçu l’épithète de « Panoptès » (celui qui voit tout) car il a une centaine d’yeux, répartis sur tout le corps. Une partie d’entre eux dorment tandis que l’autre partie veille, de sorte qu’il est impossible de tromper sa vigilance. Cette installation fait écho à l’idée d’une surveillance permanente et insidieuse sur les réseaux sociaux
Argos Panoptès, Galeria FOCO, 2019
Argos Panoptès, Galeria FOCO, 2019
Argos Panoptès (détail)
Au XXIème siècle, l’accélération des progrès technologiques, les nouveaux médias et outils de communication, toujours plus nombreux, toujours plus intrusifs, ont troublé les frontières de notre intimité, devenues brumeuses et indéfinies. Accéder à des informations intimes, confidentielles en d’autres circonstances, est d’autant plus facile que nous entrouvrons avec joie les portes de notre espace personnel, récompensés, semblerait-il, par le nombre d’yeux qui nous scrutent avec avidité et indifférence.
Pierre Barbrel.mp4 est une vidéo webcam montrant l’artiste, nu, sur son lit, mangeant des pâtes. Il est en communication téléphonique avec un homme. Cet enregistrement semble avoir été réalisé à l’insu des protagonistes. Tandis que l’un mange des pâtes avec avidité, l’autre se répand dans une logorrhée, traduisant sa difficulté à mettre un terme à cet échange. Le titre de la vidéo, l’amateurisme de la prise de vue et la nudité de l’artiste, accentuent la notion d’intrusion dans l’intimité, et par conséquent, la dimension de voyeur du spectateur.
Pierre Barbrel.mp4, Vidéo 10:19 min
Pierre Barbrel.mp4, Vidéo 10:19 min
Pierre Barbrel.mp4, Vidéo 10:19 min