Prière de jeter mes cendres dans la mer est une série photographique s’interrogeant sur l’empreinte laissée par un individu après sa mort, les frontières entre la matière et l’identité, la virtualité et le souvenir. Des parties de corps, immergées dans l’eau, se désagrègent sous forme de pixels, dans une agitation aquatique. 
La photographie est un moyen de laisser une trace d’une temporalité figée. L’artiste s’intéresse à sa symbolique et sa structure, en explorant sa composition plastique. L’assemblage de pixels de différentes couleurs forme un tout : l’image. Cette construction n’est pas sans rappeler la composition de la matière, l’organisation des molécules et des cellules.
Ascension (diptyque), Impression rigide, Dibon Blanc 3 mm, 114 x 100 cm
Ascension (diptyque), Impression rigide, Dibon Blanc 3 mm, 114 x 100 cm
Empreinte, Impression rigide Dibon Blanc 3 mm, 37 x 56 cm
Empreinte, Impression rigide Dibon Blanc 3 mm, 37 x 56 cm
Emergence (triptyque), Impression rigide Dibon Blanc 3 mm, 203,5 x 100 cm
Emergence (triptyque), Impression rigide Dibon Blanc 3 mm, 203,5 x 100 cm
Emergence (detail panneau gauche)
Emergence (detail panneau gauche)
Templum (triptyque), Impression rigide Dibon Blanc 3 mm, 145 x 100 cm
Templum (triptyque), Impression rigide Dibon Blanc 3 mm, 145 x 100 cm
Templum (détail panneau central)
Templum (détail panneau central)
Templum est un triptyque composé de deux photographies d’avant-bras encadrant un torse. Figé dans une élévation, un personnage morcelé émerge d’une eau matricielle et semble se dissoudre, se désagréger en pixels en faisant corps avec l’eau elle-même. L’eau se cristallise et le corps se dilue dans un paradoxe de digitalisation. Temple et temps dérivent de la même racine grecque et désignent une façon de séparer du monde naturel un espace et un moment, par un procédé de sacralisation. La racine tem donnera donc outre le temps, le mot latin templum, le temple qui correspond à une division délimitée à l’aide d’un bâton ou d’un sceptre. Cette même racine donnera le time anglais ainsi que le mot tide: la marée.

Correspondances, Tirage Epson P20 000 sur Bright White Hahnemühle 310 g, 20,32 x 91,44 cm

Correspondances est un polyptyque de six parties reconstituant une vague de bruit blanc. Ici aucune partie de corps n’est représentée. Cette vague devient perceptible grace au regroupement de pixels, au grain, et au lien des images les unes avec les autres. Sur la partie inférieure et centrale de chaque photographie une lettre blanche et capitale ou un tiret est imprimé sur un bandeau noir. L’ensemble forme « M-ER-E ». La synesthésie – le rapport entre les images, la question du langage oral et écrit, leurs résonances avec le spectateur, est le coeur de cette oeuvre. Lorsque le spectateur est proche de l’image elle devient abstraite, mais il en comprend la structure. Quand il recule l’image se fait figurative, et les initiales, telle une partition se lient et forment différents mots. On passe par exemple de « M » (aime), à « M-E » (me), à « M-ER » (mer), à « M-ER-E » (mère). « L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible. » dira Paul Klee. Idées et concepts trouvent dans l’image le lieu d’une épiphanie où les formes s’enchaînent selon les associations à la fois nécessaires et inattendues. Cette mer de cendres digitalisée est un hommage au poème Correspondances de Baudelaire, quatrième poème du recueil Les Fleurs du mal.
Prière de jeter mes cendres dans la mer, Tirage Epson P20 000 sur Papier FineArt Silk 310 g surface satinée, 108 x 144 cm
Prière de jeter mes cendres dans la mer, Tirage Epson P20 000 sur Papier FineArt Silk 310 g surface satinée, 108 x 144 cm
Prière de jeter mes cendres dans la mer (détail)
Prière de jeter mes cendres dans la mer (détail)
Prière de jeter mes cendres dans la mer (détail)
Prière de jeter mes cendres dans la mer (détail)
Prière de jeter mes cendres dans la mer (détail)
Prière de jeter mes cendres dans la mer (détail)
Prière de jeter mes cendres dans la mer (détail)
Prière de jeter mes cendres dans la mer (détail)
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